Hypérion
Le monde est plein de fous, et qui n'en veut point voir doit s'enfermer tout seul et casser son miroir
Sottises de la semaine, Séguier Frères, 1790
Textes / Articles
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Le « sens du carnage » ?


À propos d’Alexandrie et du nouveau « massacre des Chrétiens d’Orient » ayant endeuillé la « trêve de Noël » 2010, la question n’est pas seulement de savoir : « qui a fait quoi, et pourquoi ? » (le point de vue dominant), mais plutôt : « qu’espère-t-on nous faire croire, et pourquoi ? », et aussi : « quelles conséquences souhaite-t-on que nous tirions de notre compréhension de l’événement ? ».
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Modifier l'approche du piratage



Place de la Liberté
Le changement de paysage auquel nous sommes confrontés avec l’« économie numérique » est de nature anthropologique et sociologique, bien plus que d’ordre technologique et économique. En réalité, nous avons affaire à une révolution copernicienne. Il n’est donc plus acceptable de continuer à l’aborder avec des concepts usés et des termes de comparaison inopérants. Car c’est le sens même de la « création », de l’accès aux savoirs, aux cultures et aux expressions en général qui se trouve dématérialisé et modifié en profondeur. Or, non seulement il n’a pas été tiré les conséquences de ce constat, mais presque tout ce qui a été élaboré en réponse sur les plans juridique et politique l’a été sur le postulat d’une mutation d’abord techno-économique. Le résultat en est une inadéquation critique entre les conceptions et les usages sociaux, d’une part, la gestion des contentieux liés, d’autre part.
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Afghanistan - La Guerre postcoloniale


Sur la question afghane, il est fascinant de constater à quel point tout bon sens, d’une part, toute réflexion historique, d’autre part, semblent avoir échappé aux politiques et aux experts. En effet, quelle que soit la rhétorique privilégiée — « opération de maintien de la Paix » ; « lutte contre le terrorisme » ; « contribution à la stabilisation régionale » ; « opération de sécurité collective »… —, aucune ne semble marquée au sceau d’une conviction pourtant partagée par la plupart des Afghans eux-mêmes. Cette conviction, c’est que la Guerre d’Afghanistan, puisqu’il s’agit bien d’une guerre, et non d’une métaphore, est une guerre postcoloniale. Une qualification qui n’explique pas tout, mais peut-être l’essentiel.

Qu’est-ce qu’une guerre postcoloniale ? Tautologie apparente : c’est une guerre qui advient dans des pays antérieurement affectés par des guerres coloniales, et qui y renvoie, de manière directe ou indirecte. À cet égard, peu importe que les populations concernées aient raison ou tort d’établir un lien entre ceci et cela. Tout ce qui compte est leur perception de ladite guerre. Or, c’est bien le cas en Afghanistan : les guerres coloniales y ont joué un rôle majeur, tant dans l’histoire que dans la vie quotidienne ou l’imaginaire du peuple afghan. C’est aussi pourquoi une opération militaire consortiale et de grande ampleur, même justifiée par les excès des Talibans et bénéficiant du mandat de l’ONU, ne peut être considérée par les intéressés que comme postcoloniale, c’est-à-dire reproduisant des paradigmes, des situations et des travers propres aux guerres coloniales. Et, par ailleurs: des conditions favorables à la résurgence de la guerre civile.
Quelles en sont les conséquences, et où cela mène-t-il ?
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Triomphe de l'irresponsabilité boursière


On peut se réjouir de voir le CAC 40 grimper de 9,27% le 19 septembre 2008, soit une performance historique. On peut aussi s'en affliger, et c'est mon cas. Car cette hausse considérable, qui par nature d'agrégat en dissimule de bien plus importantes (des 20% et 25% parmi les financières), souligne une fois de trop la pauvreté effarante des concepts et critères des opérateurs des marchés financiers et boursiers.
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La culture pour rendre le monde vivable


« Le désert croît ! », lance Zarathoustra, et il est possible d’entendre ce leitmotiv comme une interprétation saisissante de l’époque que nous vivons. Une époque où la privation, la dépossession, et, finalement : la désertification des imaginaires, des volontés et des désirs semblent l’emporter sur à peu près tous les fronts.

Je me suis récemment intéressé à un triptyque qui constitue une grille de lecture précieuse pour analyser la présente crise financière et les pathologies de marché telles que « l’affaire Société générale » (1) . Il s’agit du triptyque : dématérialisation, déréalisation, déresponsabilisation, dont la dynamique altère en particulier le fonctionnement des marchés monétaires et boursiers, jusqu'au point de produire les résultats inquiétants que l’on connaît. Sans revenir ici sur ce triptyque qui est l’une des figures les plus frappantes du désert qui croît, je propose de le rapprocher d’une autre série de privations qui se sont emparées de la sphère sociale. C’est le cycle : dévaluation, démotivation, démobilisation. Le désert se peuple ainsi de « dés » supplémentaires… Dés qui possèdent un pouvoir considérable d’information et de modification du réel !
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